Un dirigeant qui a suivi l’actualité du solaire ces derniers mois en a retenu une chose : le photovoltaïque ne rapporterait plus rien. Le tarif d’achat photovoltaïque professionnel a effectivement changé de nature en 2026, mais pas dans le sens que retient la presse grand public. Le constat est exact pour une maison individuelle — depuis le 5 juin 2026, le surplus injecté est acheté 1,1 centime d’euro le kilowattheure et la prime à l’investissement a disparu. Il ne l’est pas pour une centrale de 150 kWc sur un entrepôt, ni pour 2 MWc sur un terrain. Au-delà de 100 kWc, le guichet ouvert est fermé depuis septembre 2025 et le soutien public prend une autre forme : une mise en concurrence, avec un contrat de complément de rémunération sur vingt ans à la clé. Cet article remet les trois régimes en place et montre où se situe la rentabilité d’un projet professionnel aujourd’hui.
Un seul mot, trois régimes différents
« Le tarif de rachat » n’existe plus au singulier. Depuis le 22 septembre 2025, trois dispositifs distincts se partagent le photovoltaïque raccordé au réseau, et le seul critère qui détermine lequel s’applique est la puissance de l’installation.
Jusqu’à 100 kWc, le guichet ouvert de l’arrêté S21 reste accessible : toute installation qui remplit les conditions obtient le tarif, sans sélection. De 100 à 500 kWc, l’appel d’offres dit « Petit PV » a remplacé le S21 sur ce segment — il ne suffit plus de remplir les conditions, il faut être retenu. Au-delà de 500 kWc, les appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie s’appliquent, avec un dossier et des critères plus lourds.
Un chiffrage établi avant septembre 2025 sur un projet de 200 ou 400 kWc repose donc sur un mécanisme qui n’existe plus.
Source : photovoltaique.info (Hespul) — arrêté du 1er juin 2026 modifiant l’arrêté S21

Contrôle des onduleurs d’une centrale photovoltaïque professionnelle
La puissance de raccordement conditionne le régime de valorisation applicable au projet.
Ce que prévoit chaque régime de valorisation
Le tableau ci-dessous résume les trois voies en vigueur en France métropolitaine continentale, selon la puissance crête de l’installation :
| Puissance | Mécanisme | Sélection | Contrat |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 100 kWc | Guichet ouvert, arrêté S21 | Aucune, sur conditions | Obligation d’achat, 20 ans |
| 100 à 500 kWc | Appel d’offres simplifié « Petit PV » | Sur le prix uniquement | Complément de rémunération, 20 ans |
| Plus de 500 kWc | Appels d’offres CRE | Trois critères de notation | Complément de rémunération, 20 ans |
De 100 à 500 kWc : ce que demande l’appel d’offres simplifié
L’appel d’offres « Petit PV » couvre les installations sur bâtiment, sur ombrière ou au sol dont la puissance dépasse 100 kWc sans atteindre 500 kWc. Il est dit simplifié parce que trois pièces administratives suffisent à candidater, contre sept à onze pour l’appel d’offres bâtiment de plus de 500 kWc, et parce qu’un seul critère départage les dossiers : le prix. Trois conditions méritent d’être anticipées bien avant le dépôt.
Au-delà de 500 kWc : le régime des appels d’offres CRE
Une centrale au sol de plusieurs hectares ou une grande toiture logistique relèvent des appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie. Le principe reste la mise en concurrence, mais l’exigence documentaire change d’échelle.
Sept à onze pièces administratives sont demandées contre trois pour l’appel d’offres simplifié, et trois critères de notation sont retenus au lieu du seul prix. La durée d’instruction s’allonge en proportion.
Concrètement, un projet de 300 kWc et un projet de 800 kWc ne se pilotent pas de la même façon : le premier peut être déposé avec une équipe réduite, le second demande un développeur ou un bureau d’études rompu au formalisme des appels d’offres. Le franchissement du seuil de 500 kWc mérite donc d’être arbitré pour lui-même au moment du dimensionnement, et non subi comme une conséquence de la surface disponible.
Ce qui fait la rentabilité aujourd’hui : l’électricité que vous n’achetez plus
Quel que soit le régime applicable, la logique économique a basculé : l’autoconsommation est devenue le moteur du projet, et la vente d’électricité son complément.
Le raisonnement tient en une comparaison. Un kilowattheure vendu au tarif d’achat en vigueur sous 100 kWc rapporte 1,1 centime, indexé de 2 % par an sur toute la durée du contrat. Le même kilowattheure consommé sur place remplace un kilowattheure acheté au fournisseur, à un prix professionnel plusieurs fois supérieur, taxes et acheminement compris. L’écart entre les deux constitue désormais l’essentiel de la valeur d’une installation.
Deux conséquences pratiques pour un projet en autoconsommation. Le dimensionnement se cale sur la courbe de charge réelle du site et non sur la surface de toiture disponible : une centrale surdimensionnée injecte une production faiblement rémunérée. Et les usages diurnes — froid industriel, compresseurs, irrigation, recharge de flotte, climatisation — deviennent des arguments de dimensionnement à part entière, parce qu’ils consomment au moment où la centrale produit. Lorsque la trésorerie ne doit pas être mobilisée, ces mêmes économies de facture servent de base aux montages détaillés sur notre page financement photovoltaïque sans apport.
Un plafond s’ajoute sous le guichet ouvert : au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an, l’électricité injectée n’est pas rémunérée.
Foire aux questions (FAQ)
Non, plus au sens du guichet ouvert. Depuis le 22 septembre 2025, l’arrêté S21 ne couvre plus que les installations jusqu’à 100 kWc. Un projet de 250 kWc relève de l’appel d’offres simplifié dit « Petit PV », qui s’applique de 100 à 500 kWc. La différence est de nature : il ne suffit plus de remplir les conditions pour obtenir un contrat, il faut être retenu à l’issue d’une mise en concurrence sur le prix. Le contrat obtenu est un complément de rémunération sur vingt ans.
Avant. L’autorisation d’urbanisme conditionne l’admissibilité du dossier : ce n’est pas une pièce que l’on régularise ensuite. Concrètement, l’instruction en mairie se place sur le chemin critique du calendrier, et le délai correspondant doit être intégré au rétroplanning bien en amont de la date limite de dépôt.
Oui, à double titre. L’évaluation carbone simplifiée des modules doit établir un résultat inférieur ou égal à 740 kg eqCO2/kWc, attesté par un organisme certificateur accrédité. S’y ajoute un critère de résilience portant sur l’assemblage des cellules, celui des modules, la provenance des onduleurs et au moins une quatrième étape industrielle réalisée hors de Chine. Le matériel se choisit donc avant la candidature, pas au moment de la commande.
La rentabilité ne repose plus sur la vente. Un kilowattheure injecté rapporte 1,1 centime ; le même kilowattheure consommé sur place remplace un kilowattheure acheté au fournisseur, à un prix professionnel plusieurs fois supérieur, taxes et acheminement compris. C’est cet écart qui porte la valeur du projet. D’où deux principes de dimensionnement : caler la puissance sur la courbe de charge réelle du site plutôt que sur la surface disponible, et valoriser les usages diurnes qui consomment quand la centrale produit.

Zone d’intervention
Une présence nationale
RS Project intervient en France métropolitaine, périmètre couvert par notre décennale SMABTP



